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lundi 5 décembre 2011

Que devient la Fiesta Brava

Que devient la Fiesta Brava… par Corentin Carpentier



Si je devais donner une définition de ce qu’est la Corrida, je dirais sans hésiter, c’est la « Fiesta Brava » ! Pourquoi ?
Fiesta pour la fête et l’engouement populaire que la Corrida apporte en Espagne et dans nos villes taurines françaises.
Et Brava car on parle de la fête du « Toro Bravo » cette bête sauvage, quasi mythique pour le peuple du toro que nous sommes. Le taureau bravo (le public non averti des grandes arènes a tendance à l’oublier) est le protagoniste le plus important de la corrida, celui qui est à l’origine des passions les plus intenses et des sentiments les plus forts. Quand un aficionado parle du Toro Bravo, c’est admiration et peur qui se côtoient dans ses yeux. Face à cet animal puissant, cette montagne de muscles saillants armée d’une paire de cornes impressionnantes et toujours prêtes à frapper celui qui ose se présenter face à lui.

Alors, quid aujourd’hui de la fiesta brava ?
Depuis quelques années maintenant, la nouvelle génération de figuras, a progressivement imposé son modèle de toro idéal. Une bête peu armée, sans fond de caste, en fait une sélection permettant de mettre en valeur, le seul tertio de muleta (on ne peut plus à mon sens, appeler cela un tertio de mort puisque, le troisième tertio ne consiste quasiment plus aujourd’hui,[sauf dans quelques arènes irréductibles] à préparer la mort du toro mais à permettre le plus grand nombre de muletazos et l’expression artistique du matador).

Quid aussi de la profession de Matador de Toros ? Tueur de Toros ? On voit bien ces derniers temps qu’avec la présence de nombre de figuras à Quito, cela prouve la tendance d’aseptisation de la Corrida : sans émotions, juste une expression artistique où le toro n’est que le faire valoir d’un homme. L’artistique oui, mais avec une course de toros digne de ce nom TORO BRAVO, c’est mieux.

Arles, en présentant les élevages présents cette année pour la Féria de Pacques, est à saluer, car le Toro est remis au centre de l’arène, et n’est pas (plus ?) réduit à sa simple expression d’accessoire du triomphe du matador. Conde de Mayalde, Miura, Fuente Ymbro, à cela nous pouvons rajouter la ganaderia Laget Jalabert vainqueur du concours toros de France.

Espérons qu’à Nîmes, là aussi le Toro, soit de retour, mais pour cela, le dialogue avec les clubs taurins et aficionados nîmois doit être remis au goût du jour.

Les Jeunes Aficionados nîmois

Exemple d'une Corrida sérieuse et de triomphe, la grande Encierro des Fuente Ymbro à Nîmes lors des Vendanges 2011.

(Phoro de Dominique Maillot: https://picasaweb.google.com/117915965161297317279)

(Photo de Dominique Maillot: https://picasaweb.google.com/117915965161297317279)

mardi 29 novembre 2011

Simon Casas sur le point de décrocher son Graal

Ce n’est plus qu’une histoire de semaines avant qu’une folle rumeur ne devienne réalité et soit officialisée...

Simon Casas par le biais d’un accord historique entre les Choperitas (Taurodelta), actuels gérants et principaux rivaux lors des précédents appels d’offres, et Antonio Matilla, est quasiment assuré de se voir nommé directeur artistique des arènes de Madrid.
La première Arène d’Espagne, miroir de la tauromachie, servant de principale référence aux autres plazas de France et d’Espagne, va donc passer partiellement dans les mains d’un français. Simon Casas, gérant depuis plus de 20 ans désormais des arènes de Nîmes, en passant par la gestion d’autres arènes d’importance comme Valencia, Zaragoza, ou encore Mont-de-Marsan, avec plus ou moins de succès.

Cette information a logiquement secoué le mundillo nîmois, car depuis quelques années, la fin de la commission taurine extramunicipale et la sortie de Nîmes de l’UVTF ; la visibilité, la transparence et l’intégrité des spectacles taurins à Nîmes avaient tendance à disparaitre malgré de nombreuses années où Simon Casas aura été un formidable ambassadeur de notre Féria.
Il y a donc deux questions qui se posent désormais,

- Simon Casas va-t-il délaisser les arènes de Nîmes afin de se concentrer sur Madrid ?
Ou
- Le fait que Simon Casas se voit porter à la tête des arènes de Las Ventas, va-t-il permettre une hausse des moyens disponibles dans nos arènes de Nîmes ?

Première réponse : Si Simon Casas compte délaisser encore un peu plus les arènes de Nîmes et leur sérieux, alors, nous demandons le rétablissement de la Commission taurine extra municipale et le retour de Nîmes dans l’UVTF, afin que les aficionados que nous sommes puissent continuer de travailler dans l’intérêt de notre ville, et la réputation de notre Féria sans se soustraire à l’empresa pour autant qui garde tout sa légitimité.

Tout cela afin de (RE) présenter des spectacles taurins respectant l’équilibre entre corridas dites toristas, toreristas, et courses camarguaises, sans défauts de présentation que l’on s’attend à voir dans des arènes de 1ère catégorie comme celles de Nîmes.
Deuxième réponse : Il faut espérer que d’être désormais à Madrid, cela va permettre à Simon Casas de présenter à Nîmes, des toros du sérieux de ceux présents à Madrid afin de garder une certaine lisibilité dans son action, et montrer ainsi que l’empresa ne délaisse pas une arène pour une autre, surtout quand en 2012, à Nîmes, nous fêterons les 60 Ans de la Féria.

A l’orée d’une année 2012, qui verra donc, notre ville fêter les 60 ans de sa Féria, dont il faut rappeler que les clubs taurins en sont à l’origine. Nous demandons donc à ce que le dialogue soit rétabli, entre la municipalité, l’empresa, et les clubs taurins nîmois. L’avenir de la fiesta brava passe par le respect de la diversité de l’Aficion, qui a, depuis tout temps, fait la richesse de la tauromachie.
Comme le dit très justement Simon Casas, "On ne peut pas (plus) faire passer les intérêts particuliers au dessus des généraux"

Les Jeunes Aficionados nîmois

mardi 22 novembre 2011

Rêve d'une Course libre


Aujourd'hui, face à la fenêtre de ma salle de cours, j'ai rêvé...

Pas très sérieux vous allez me dire, mais peu importe, cette amour du Taureau, avec un grand T, me fait m'évader si loin que personne ne peut me l'enlever, même pas mon prof de comptabilité…

Il s'élève là, devant moi, majestueux, ce grand Cocardier du domaine de Grand Badon. Il me fixe, secoue ses grandes bannes, et gratte le sol, je ne peux m'empêcher de frissonner en voyant cette image surréaliste dans ma petite tête d'étudiant d'Ecole de Commerce qui ferait mieux de suivre son cours de comptabilité..

Je reprends le cours en route, zut, j'ai raté l'explication sur les dotations aux amortissements... Tant pis, repartons à l'aventure...

Debout sur le mur du toril de l'enclos de tri, je surplombe les près du Domaine des Pavillons appartenant à une des plus anciennes manades de Cocardier. Le soleil se lève, et face à moi, je ne peux qu'admirer les taureaux jeunes qui s'agitent en voyant pointer les premiers rayons, dimanche matin, en Avril il fait frais, je frissonne... et zut maintenant c'est l'exercice d'application que je viens de rater! Décidément...

Il est midi (enfin, dans mon subconscient, en réalité, il est 9h30, et le cours bat son plein...), et le tri des cocardiers de la royale de cet après-midi est désormais terminé. Ils y sont tous, le biou de l'Avenir de la saison 2010; et le Biou d'Or 2010, et avec eux, des cocardiers d'excellence, chacun dans son rôle. L'encocardement se révèle compliqué, les taureaux semblent excités, et prêts à partir au combat, les raseteurs vont avoir du boulot aujourd'hui, pas de triche possible avec ces taureaux. La vedette de la manade lève la tête, me toise du regard, quelle beauté, un frisson me parcours... l'arrivée du prof au dessus de ma tête me fait émerger, "ben alors Corentin, dans la lune aujourd'hui?, en quelque sorte Monsieur" lui répondis-je.

Il est 16h, et la capelade démarre, les arènes sont pleines pour ce premier grand évènement taurin de la saison que représente la royale de la devise Verte et Blanche. Carmen retentit, les hommes entrent en piste, on peut ressentir la pression sur leur visage, ils savent qu'aujourd'hui rien ne leur cela pardonné, tant du côté des cocardiers, que du public, et de l'organisateur.
La jolie V. me sourit, à quelques rangs en dessous de moi, un rayon de soleil me réchauffe en ce jour de froid mistral, je frissonne... on me tape sur l'épaule, je me retourne, et je vois mon voisin de classe qui me demande à quoi je pense aujourd'hui. Je ne lui réponds pas, il me tend sa feuille, je recopie les exercices d'applications en vitesse, et je retourne à ma course.

Les premiers cocardiers sont sortis, et ont considérablement chauffé le public qui trépigne désormais d'impatience, à quelques secondes de la sortie des deux cocardiers vedettes de la Manade. Il y a quelques places libre un peu plus bas, je descends, et me retrouve au 2ème rang, la jolie V. et moi ne sommes désormais séparés que par un couple d'afeciounas de longue date qui me saluent d'ailleurs au passage.

Voilà le biou de l'avenir 2010, qui entre en piste, plein de prestance, il se cale cul aux planches et viens me chercher "collègue" comme dirait mon voisin de classe beaucairois, celui qui, à côté de moi écoute attentivement le prof de compta.
Moi, j'écoute mes battements de cœur qui se font de plus en plus forts au fur et à mesure des formidables enfermées dont nous gratifie le cocardier. Le voilà qui saute après le tourneur, juste sous mes yeux, j'entends V. crier, nous nous levons en même temps, mais ouf, le tourneur a réussi à repasser sous les planches pour éviter les coups de cornes criminels de notre cocardier d'avenir. Le quart d'heure est complet, intense, dominateur, Carmen retenti, le public est ravi, il applaudit et V. me sourit, un frisson me parcours, le plus beau reste à venir.

Et voilà la vedette, fier, la tête haute, le biou d'Or 2010 est fortement ovationné. Après plusieurs tours de reconnaissances, le taureau choisi son terrain côté présidence. La trompette retenti, les hommes se jettent inconsciemment à l'abordage, surement électrisés par l'ambiance qui règne dans les arènes. Première action et c'est l'explosion aux planches cornes criminellement pointées, corne gauche traversant le pantalon blanc du leader du trophée. Plus de peur que de mal, le public applaudit à tout rompre l'exploit de l'homme en blanc, qui, main sur le frontal a traversé la piste dans sa longueur.
Le Biou semble apprécier que les hommes s'attaquent loyalement à lui, et il met tout son cœur, sa noblesse et sa méchanceté au service du spectacle.
Le chouchou des Afeciounas, l’élégant gaucher qui se fait appeler torero par le temple qui se dégage de ses affrontements face aux plus grands cocardiers se met lui aussi au diapason et me délecte de ses fantastiques rasets.
Dans les gradins, on se sourit, on se frotte les mains, on applaudit, on chante Carmen! Le public est aux anges, la jolie V. aussi, elle me gratifie d'un de ces sourires qui vous font chavirer, je frissonne...

Il reste une minute de course, mon couple d'Afeciounas se jette sur deux places au 1er rang, je me retrouve assis à côté de V., notre cocardier, lui, est impassible, il attend le raset suivant.
Le second gland monte jusqu'à 1 000 € le public se lève et tape des mains, notre gaucher part, le biou d'Or lui coupe totalement le terrain, terreur dans les gradins, certains se retournent, d'autres comme moi se demandent si le raseteur va réussir à se coucher, V. se cache les yeux, et le moment tant recherché par les afeciounas a lou bious arrive.

Notre héros en blanc, lâche son crochet, rectifie sa trajectoire, pose sa main sur le frontal du biou d'Or, s'appuie dessus, et dessine une courbe parfaite où, noir et blanc ne font plus qu'un jusqu'à l'envolée fusionnelle, où nos deux complices se séparent! Le raseteur, triomphe, point levé, le gland attrapé à la main, le public est en extase, certains pleurent, certains s'enlacent, V. me regarde, je lui prends la main, et je lui donne un baiser d'Adieu sur ses jolies lèvres chaudes, il est midi maintenant, et la comptabilité et fini, la Course aussi... El Sueno tambièn! Hombre que Aficion!


Par Corentin Carpentier


Par Corentin Carpentier