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lundi 12 mars 2012

Charité, Foi, Espérance

FOI, CHARITE & ESPERANCE par Corentin Carpentier



FOI, CHARITE, & ESPERANCE, ces emblèmes sont ceux portés par la Croix Camarguaise et imaginés par le Marquis de Baroncelli. Cette croix symbolise à elle seule la « Nation gardiane ».
Mais en me penchant sur ces trois notions, je me suis attaché à mettre en application ces trois notions là dans un contexte plus global, celui DES CULTURES TAURINES, et plus seulement camarguais.

FOI : Parce que la foi, ou le Fé comme on dit chez nous, est l’essence majeure de notre Aficion. La foi dans le spectacle auquel nous allons assister, la foi dans le taureau, la foi dans le matador ou le raseteur qui joue sa vie sous nos yeux, la foi dans cette culture qui mélange tragédie et art, que représentent les tauromachies chez nous, ce combat entre la vie et la mort.

CHARITE : Parce que la charité chez l’aficionado, c’est être prêt à tendre la main à son prochain, c’est soutenir les causes les plus nobles. Que ce soit pour les sinistrés de Sumène il y a quelques années à Nîmes, que ce soit pour Haïti plus récemment avec le geste de Sébastien Castella, que ce soit avec le Club Taurin de Rodilhan Toro y Caridad, ou que ce soit face aux menaces des antis Corrida sur le Féria du Rhony de Vergeze.(rejoignez l’évènement facebook de soutien! http://www.facebook.com/events/286422634756135 MOT D’ORDRE : NO HAY BILLETES !) Cette solidarité sans laquelle, notre culture ne serait plus ce qu'elle est, belle, solidaire, diverse et pleine de cœur.

ESPERANCE : Est-il besoin de croire pour espérer ? La croyance en Dieu est source d'espérance. La croyance aux valeurs portées par la tauromachie que sont le courage, la persévérance, le respect, la foi, & le cœur sont sources d’espérance pour nous aficionados. Espérer, c’est donc croire, croire en cette passion, cette vie, cette ambiance qui règne autour de la culture du taureau qu’est la nôtre, dans le Sud de la France.

« Maintenant donc, ces trois-là demeurent, la foi, l’espérance, et l’amour mais l’amour est le plus grand. »


[Illustration d'inspiration, aimablement autorisée par Julien S. Toril d'Artistes à Nîmes galerie d'Art taurin http://www.torildartistes.com/ ]

lundi 13 février 2012

Attention! Danger!!

Attention! Danger!! Liberté pour nos traditions. par Corentin Carpentier

[Les Jeunes de Saint Gilles en défenseurs de nos traditions]



Je me suis rendu à l'audience de la Cour d'Appel de Nîmes la semaine dernière suite à la condamnation en nom propre à 3 mois de prison avec sursis et d’importants dommages et intérêts, d'Enry BERNARD et Jean SPALMA; Elus sur la commune de Le Grau du Roi suite à un accident survenu pendant la fête locale en septembre 2006.

La problématique qui se pose dans ce procès, et qui cristallise les tensions ces dernières années dans les villages du Gard et de l’Hérault organisant des spectacles taurins de rues, c’est la Sécurité des parcours. Que ce soit abrivado, bandido, encierro, ce mot est aujourd’hui sur toutes les lèvres !

Sécurité pourquoi ? Y avait-il une recrudescence des accidents durant nos manifestations taurines ou est-ce seulement un mot à la mode dans la pensée unique anglo-saxonne qui brouille tellement l’image de nos traditions?

- Alors certes, les chiffres ont montrés une augmentation croissante du nombre d’accidents depuis quelques années, mais ils montrent aussi que le nombre de manifestations ayant connu une forte multiplication, à proportions égales donc, il n’y a pas plus d’accidents qu’avant.
- Sur le mode de pensée anglo saxon, la tendance aujourd’hui est à une standardisation totale de nos modes de vies. Bye bye les cultures locales, c’est une culture mondiale que l’on doit promotionner… Alors pour alourdir petit à petit, le mode d’organisation de nos spectacles taurins, nous voyons pousser depuis quelques années, de multiples réglementations nouvelles qui tendent à imposer toujours plus de sécurité dans nos manifestations taurines.

Mais justement, ce trop plein de normes sécuritaires durant nos festivités est un danger majeur pour les spectateurs et amateurs de bouvine! En effet, à trop se sentir en sécurité, les spectateurs oublient que ce sont des Taureaux sauvages qui courent dans nos rues et les accidents arrivent donc plus vite!

Les traditions taurines dans nos régions du Sud de la France sont des traditions qui ont pour acteurs majeurs ; des animaux sauvages et dangereux, vouloir effacer ce risque de nos manifestations c’est entrainer irrémédiablement la fin de celles-ci
.

Il nous faut donc aujourd’hui réussir à être soudés, attentifs, toujours aussi passionnés, mais surtout, il nous faut se prévenir de la technocratie de la Justice qui a une méconnaissance totale de notre terroir, de nos coutumes, et de nos traditions taurines comme en témoigne les Juges de la Cour d'Appel la semaine dernière !

Rendez-vous le 30 Mars prochain à Nîmes au Palais de Justice, pour l’annonce du délibéré et pour soutenir Jean Spalma et Enry Bernard !

mardi 7 février 2012

Culture de Sentimiento

Culture de Sentimiento par Corentin Carpentier

[La création d'Annick Longuet www.torildartistes.com]



La tauromachie, c’est l’éveil des sens, et c’est un tout qui crée le sentiment.
Sentiment si fort que tout ce que l’on voit peut-être touché par la grâce, par le «duende», et peut stopper net le temps. Tout, dans la tauromachie est touché par le sentiment.

La vision des Arènes, qui déboulent, au coin du boulevard, imposantes et majestueuses, Es Sentimiento.
Les premières odeurs de cigarillos, aux grilles des arènes a la cinco de la tarde, Es Sentimiento.

Les discussions enflammées, mais toujours sincères et passionnées avec son voisin d’un jour, Es Sentimiento.

Le son des premiers paso doble, joués par l’Orchestre des Arènes ; le grand frisson des premières notes de clarines démarrant le paseo, Es Sentimiento.

Une superbe naturelle coulée, temple, et harmonieuse, Es Sentimiento.

Un Toro de respect, surgissant du Toril avec noblesse, et fierté, Es Sentimiento.

La Tauromachie est un art, une culture de sentiment ; loin de toute cette routine, et société monocorde qui ne correspond pas à notre mode de vie, peuple latin que nous sommes.

L’aficionado est fier de pouvoir frissonner quand un Toro crée la panique dans le ruedo en mettant la vie du Matador en danger. Il est aussi fier de pouvoir frissonner de plaisir quand le Matador prend la pleine mesure du Toro et lui impose une faena aussi millimétrée que pleine de temple et d’un mélange d’art qui nous est souvent si difficile à expliquer…

La Tauromachie, c’est un mélange d’Art tellement classique, mais à la fois tellement moderne… Mélange de mythologie grecque & d’art baroque, de combat, de vie & de mort, de lumière, tout ceci enroulé dans la beauté d’une œuvre aussi éphémère qu’insaisissable.

Peut être que les Aficionados que nous sommes sont aussi fiers de mettre des mots sur cela parce que ce sentiment, c’est ce qui fait de nous, peuple latin, des Hommes, et une civilisation à part, pleine de sens, attachée à ses racines et prête à défendre coute que coute, sa culture et son histoire taurine.


[Creation de Pierre Anisset www.torildartistes.com]

Corentin Carpentier

jeudi 2 février 2012

Nîmes, Ville Taurine

Nîmes, Ville Taurine, par Corentin Carpentier





Depuis fin 2010 et cette fameuse initiative de la municipalité nîmoise ; Nîmes a reçu l'appellation ville Taurine dans le but bien sûr, et au-delà de l’aspect symbolique, de préserver et défendre les traditions et la culture, se déroulant autour du Taureau, DES Taureaux dans notre ville.
Alors la question que je me suis posé aujourd’hui, Nîmes est-elle vraiment une ville Taurine ?
Bien évidemment oui et je vais tâcher de vous expliquer le fond de ma pensée…
Il n’y a qu’à citer nos deux Férias, de Pentecôte et des Vendanges, évènements majeurs attendus de tous les nîmois pour se rendre compte de cette passion du Taureau, DES Taureaux qui rythme la ville durant ces Férias. Mais en dehors ses férias, Nîmes vit et respire la tauromachie 365 Jours par an grâce à ses clubs taurins. En effet, tout au long de l’année, conférence, soirées à thèmes autour de tapas de bons vins, tientas en privée, fiesta camperas, et voyages au campo, rythme la vie des Aficionados nîmois.

Ainsi passé le mois de Septembre, jusqu’en Avril et la reprise de la temporada , Nîmes bouge autour de ses clubs taurins. La Coordination des Clubs Taurins de Nîmes et du Gard est ainsi l’exemple le plus significatif de ce dynamisme avec 28 Clubs Taurins en son sein, et presque autant d’évènements taurins qui en résultent chaque mois.

Le Cercle Taurin nîmois, les Amis de Pablo Romero, les Jeunes Aficionados nîmois pour ne citer en sont les principaux artisans avec une manifestation chaque mois durant l’hiver, et qui ont eu d’ailleurs la très bonne idée de ne jamais se dérouler le même jour !
Avec l’invitation de personnalités premier rang (taurinos, artistes dont les œuvres sont liées à la tauromachie, groupes de Flamenco ou Gypsy’s), toute la panoplie culturelle de l’Aficion a los toros est présente à Nîmes durant la trêve hivernale dans une ambiance conviviale, aficionada, et nîmoise !
Un bon moyen d’améliorer sa culture taurine, et d’apprendre à mettre des mots sur notre passion.
Je ne pourrais citer comme exemple, le Club Taurin des Jeunes Aficionados nîmois, plus jeune club taurin à Nîmes, il a pour but, une fois par mois, de mettre à porter de tous, la tauromachie auprès de ceux qui aimeraient en connaître plus sur ce qu’il se passe dans l’arène, qu’ils soient jeunes, ou plus âgés. Pédagogie donc !

A Nîmes, la transmission se fait dans l’explication du non-sens de la dichotomie toriste / toreriste. Car en effet, relever de l’une ou l’autre catégorie est peut-être affaire de goût, de penchant, de sensibilité, voire de culture, mais sans doute pas de compétence. Sans compter que beaucoup d’aficionados, parmi lesquels de nombreux nîmois, refusent de trancher ce débat stérile et vont sereinement goûter les plaisirs de corridas, tantôt toristes, tantôt toreristes.

Plus de 100 ans d’histoire et de tradition taurine, un patrimoine culturel important, un tissu associatif très dense : il y a à Nîmes une trentaine de clubs taurins actifs, un musée des cultures taurines, une école tauromachique réputée, et de nombreux prácticos.
Tous ces exemples sont donc autant de choses qui prouvent que Nîmes est taurine, et majoritairement grâce à ses clubs taurins, à cette Aficion qui respire la passion, à cette Aficion qui, tant qu’elle vivra, permettra à la Culture du Taureau de prospérer.
Il se dit même que les Clubs Taurins à Nîmes, ont une telle influence, que, même si ils ne peuvent pas faire gagner les élections à un candidat, ils peuvent les lui faire perdre…

lundi 9 janvier 2012

Le Best Of des 100 "Si Toi Aussi" de la Corrida (Partie 2)

SI TOI AUSSI :




- tu essayes de deviner le nom de la couleur du costume du Maestro donné par Midi Libre le lendemain...
- tu dis un mot sur deux en espagnol pendant la feria.
- tu aimes lire "Mort dans l'après-midi" en revoyant dans ton imagination toutes tes plus belles corridas
- à Pentecôte (Nîmes ou Vic) à partir du jeudi soir ça commence à être dur car tu sais qu'il faut encore tenir jusqu'à lundi soir...
- tu aimes Jean-Pierre et ses "lancés de chouchous »
- tu entends crier dans le fond des arènes "chapoooooo"
- tu as crié une énorme connerie pendant que les arènes étaient plongées dans le silence
- tu ne rates jamais les messes sevillanes à Pablo Romero
- tu cris "PANTHERE" à chaque sorties du Toril à BEZIERS.....
- tu cries indultooooooooo à la fin de la faena quand tu te fais chier.
- tu gardes tous les programmes et tous les sorteos
- tu bloques ton agenda dès janvier pour tous les week end de feria
- tu attends la sortie de la dernière quadrille pour quitter les arènes
- tu cours près du van du triomphateur pour avoir des photos
- tu regardes que la porte de la chapelle soit bien ouverte lors du paseo à Bayonne
- tu respectes les codes couleurs de Bayonne, Dax, Mont-de-Marsan
- tu es abonné à Applausos, 6Toros6, Toros...
- tu passes au moins une heure par jour devant les sites internet taurins
- tu connais tous les sites de revente de billets espagnols
- tu as un autocollant de toro à l'arrière de ta voiture
- tu conserves les billets de corrida
- tu salues au moins cent personnes à chaque corrida sans connaître leur nom
- tu en as marre de la FNAC qui ne propose que trois livres de tauromachie, cachés dans un coin
- tu aimerais que les arènes françaises proposent des gin tonic dosés à l'espagnole
- tu voudrais que tous les bars d'arènes proposent au moins des bocadillos, des patatas fritas, des morceaux de tortilla et un échantillon de puros
- tu te marres en voyant Conde esquisser de légers sautillements frénétiques à dix kilomètres du bicho et finir par un desplante
- tu en as marre de voir la soi-disant vedette française servir (mal) la même faena stéréotypé à tous ses toros
- tu as converti au moins dix amis devenus frénétiques
- ton seul sentiment anti-taurin te vient en regardant Ferdinand le toro
- tu t'envoies minimum un paquet et demi de cigarettes les jours de course, que tu attends de voir en piste des toros sérieux, puissants et combatifs, avec des matadors honnêtes et courageux pour les affronter.
- même s'il y avait à côté de toi la fille la plus canon de la terre, tu n'en aurais que faire car tes yeux sont rivés sur le cercle de sable où se déroule le combat. Car la corrida est un combat, et tu t'en tapes un peu de toutes les farandoles artistiques qu'il pourrait y avoir ailleurs entre des toreros danseurs et des toros sur mesure, simplement collaborateurs et sans intérêt.
- tu es fier de dire "je suis aficionado a los toros" avant tout, mais que tu te sens un peu seul sur les gradins ces derniers temps... Comme une impression de décadence et de perte de valeurs. Malgré tout, tu ne perds pas espoir.
- tu aimes le campo
- tu es fière d’avoir ton enfant aficionado dès son plus jeune âge
- tu connais toujours une voisine qui a vu toréer Ordoñez et qui te raconte la vie de ses petits-enfants
- tu espères prendre tes enfants aux arènes sur tes genoux, et leur murmurer l'histoire éternelle de l'homme et du taureau
- tu vois une centaine de corridas par an depuis la barrera parce que tu lis chaque numéro de Semana Grande
- tu es fier ou fière de voir qu’en France il y a la relève sur les gradins et qu’on peut être fiers de nos jeunes aficionados
- tu râles souvent mais tu reviens toujours
- tu as remarqué que chaque rencontre les jours de feria est incroyablement intense et précieuse
- ton porte clef est un toro Osborne
- tu as plus de cent disques de paso
- tu torées avec ton essuie de cuisine
- tu es admiratif devant la cuadrilla de Manzanares
- tu es resté muet lors de ton premier passage dans le callejon, en voyant le toro plus haut que toi, à 1,5 mètre de toi
- tu accompagnes ta grand-mère ou ton grand-père aux arènes car sinon elle/il n'irait pas et que bon c'est elle/il qui t'as fait découvrir les corridas et que tu lui dois cette aficion
- tu aimes vérifier que le paseo commence bien à l'heure pile
- tu revois les mêmes personnes tous les ans dans les arènes et c'est d'ailleurs le seul endroit où tu les vois
- tu apprécies une belle mise en suerte
- tu retiens ta respiration quand une naturelle courbe le temps et l'allonge
- tu payes avec un billet le mec qui vend les 3 PAAAAAAQUETS 2 EUROOOOOOOS...




SI TOI AUSSI... TU ES AFICIONADO SIMPLEMENT, ET RIEN NI PERSONNE NE POURRA JAMAIS TE L'ENLEVER!
AFICIONADO JE SUIS, AFICIONADO JE RESTE!

vendredi 6 janvier 2012

Le Best Of des 100 " Si toi Aussi" de la Corrida (Partie 1)

Si toi aussi :


- tu ne peux pas dormir la veille d'une grande Corrida
- tu t'endors en rêvant d'être un jour torero...
- tu es prêt à faire des kilomètres pour voir une corrida !
- tu vas aux corridas avec un regard d'enfants devant un monde magique plein de couleurs et de mouvements
- tu aimes l'odeur des cigarillos dans les Arènes
- tu aimes faire coucou aux Antis qui s'ennuient au soleil
- quand le mouchoir de paseo sort, tu regardes si l'Orchestre a bien suivi
- tu as horreur de rater le paseo
- tu adores arriver avec une heure d'avance aux arènes juste pour le plaisir de voir la course se préparer
- tu as horreur des gens en retard qui arrivent pendant le Paséo et t'empêchent le voir!!
- tu aimes allumer un puro cubain au paséo
- tu tentes de déclencher une ola les jours de "no Hay billettes", mais que tu n'y arrive jamais
- tu aimes "Els Segadors" joué par la Cobla Millenaria juste avant le paseo aux arènes de Céret.
- tu aimes le paso doble "Aragona" lors de chaque paseo vicois !
- tu es impatient que 18h arrive pour entendre Pan y Toros!!!
- tu connais par cœur l'intégrale des Chicuelos à la note et à la percussion près
- tu as horreur que le même paso-doble soit joué 3 fois dans la même course...
- tu as envie de dire "achètes toi un walkman!!" aux emmerdeurs qui n'arrêtent pas de gueuler "musica!!"
- il t'arrive d'avoir non loin de toi sur les gradins une femme qui s'exclame "Ôôôô qu'il est beau le toréador"
- tu oublies toujours ton chapeau aux arènes et tu en rachète un à 5€ à chaque fois
- tu prends tes jumelles dans les Arènes pour regarder qui est présent en première et raconter les derniers potins nîmois
- quand tu as envie de partir parce qu'il ne se passe rien, tu ne le fais pas parce tu sais que tu pourrais rater la faena ou le toro de ta vie
- tu cherches des peoples dans le public lorsque la corrida est ennuyeuse...
- tu aimes ce moment où il n'y a personne sur le sable, que la porte du toril soit ouverte et que la foule retienne son souffle en attendant la sortie du toro...
- tu aimes quand le taureau fait ses premiers pas sur le sable des Arènes
- tu aimes les Banderilles en musique
- tu frissonnes quand tu vois un Miura charger la pique 3 fois sur la largeur des arènes de Nîmes!!
- tu aimes ce OLÉ rugissant de Las Ventas quand Morante torée à la véronique ou quand Juan Mora envoie un trincherazo d'antan
- tu trouves toujours aussi magique de voir le Juli inventer une faena à un toro sur lequel personne aurait mis une pièce de 5centimes
- tu aimes les silences et les oles des arènes de Séville
- tu préfères voir cinq SERIES de VRAIES passes lors d'une faena plutôt que des muletasos qui partent dans tous les sens pour faire applaudir les touristes
- quand une partie du public siffle une bonne pique toi tu te lèves et tu applaudis!!
- quand une belle faena se dessine, tu souris...
- tu soupires dès qu'un pecno siffle un avis.
- tu aimes crier à Nîmes (et même des fois ailleurs) CASAS des TOROS!
- tu aimes expliquer à un novice la beauté de la Tauromachie
- tu aimes écouter les histoires des anciens assis à côté de toi dans les gradins
- si toi aussi avant la mise à mort tu espères un Recibir...
- tu aimes demander le mouchoir bleu avec des "vueltaaaa" lorsqu'un grand toro vient de combattre.
- quand le Président refuse de céder à la pression du public pour une oreille (ou une queue) tu te lèves et tu cries PRÉSIDENT PRÉSIDENT
- tu applaudis le président BURGOA lorsqu'il refuse la seconde oreille au Juli.
- tu sais qu'à Nîmes il peut y avoir 8 oreilles coupées dans une corrida où toi tu n'as pas vu grand-chose...
- tu ne veux plus voir de Figuras mais des Matadores de Toros
- il te tarde de revoir Juan José Padilla devant des Toros ! :-)
- après la Corrida y'a Tertulia
- tu sors des Arènes en donnant des passes au vent pour expliquer à tes amis la Corrida
- après la Tertulia c'est Bodega
- à 2h du mat tu fais des desplantes au comptoir de la bodega...OLE
- tu penses toujours à 5h du matin, bien alcoolisé que tu n'arriveras jamais à te lever pour la Corrida du matin, mais que tu y arrives quand même
- tu attends tout l'hiver que la temporada reprenne!

mardi 20 décembre 2011

Un peu de Droit Taurin

Actualité – droit taurin

L'inscription de la corrida au patrimoine culturel immatériel de la France : Artifice ou début d'une véritable reconnaissance juridique ?
par Pauline Serre & Julie Passe





La Corrida a été inscrite le 22 avril 2011 au patrimoine culturel immatériel de la France, ce qui provoque ainsi euphorie et satisfaction chez les uns, et chez les autres, indignation et stupeur.

Force est de constater, qu'au delà du débat juridique, cette pratique suscite toujours autant la controverse, il est d'ailleurs extrêmement rare qu'une coutume à elle seule génère autant de conflits. L'antagonisme repose sur l'opposition ancienne entre acte de cruauté et barbarie d'un côté et pratique culturelle et artistique de l'autre.
Il convient avec un recul nécessaire de s'interroger sur la véritable portée de cette décision, qui intervient dans le cadre de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (I).
Cette inscription est l'occasion de revenir sur la place des spectacles tauromachiques au regard du droit interne et du contexte politique (II).

I/ Quelques réflexions sur la portée juridique de la convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

A/ Un instrument venu du droit international.


La notion de patrimoine culturel immatériel résulte de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel adoptée à Paris le 17 octobre 2003 par l'UNESCO dont la France est partie depuis le 4 novembre 1946.
Cette convention internationale est entrée en vigueur, en France, le 11 octobre 2006 après son approbation par la loi n°2006-791.

Comme l'article 55 de la constitution de 1958 l'énonce ; « les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celles de la loi, sous réserve de l'application par l'autre partie ». Autrement dit pour le profane, une fois la convention adoptée par l'État, cette dernière fait dès lors partie du bloc de conventionnalité, auquel les lois ordinaires de l'État doivent, en principe, se conformer sous peine de nullité.

Le patrimoine est « un ensemble de biens et d’obligations… qui comprend les biens présents mais aussi à venir » . C’est un ensemble, un tout à prendre en compte. La notion de patrimoine culturel immatériel est apparue au début des années 90 et selon l’article 2 de la Convention citée plus haut « On entend par patrimoine culturel immatériel les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d'identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. Aux fins de la présente Convention, seul sera pris en considération le patrimoine culturel immatériel conforme aux instruments internationaux existants relatifs aux droits de l'homme, ainsi qu'à l'exigence du respect mutuel entre communautés, groupes et individus, et d'un développement durable. »

Cette définition montre bien l’importance de cette notion de patrimoine culturel immatériel et la portée que les rédacteurs ont souhaité lui conférer.

B/ Une protection renforcée par le biais de la convention

Les articles 11 à 15 de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel énoncent les conditions pour que cette sauvegarde puisse être rendue possible.
Ainsi, l’article 11 indique qu'« il appartient aux États de prendre les mesures nécessaires à la sauvegarde du patrimoine », elle laisse donc aux États eux-mêmes le soin de prendre en charge et à leur compte cette sauvegarde.

Les articles suivants sont plus précis en ce qu’ils donnent des indices aux États, des voies à suivre. Il revient aux États le soin de définir les éléments de ce patrimoine culturel en faisant des inventaires qui devront être mis à jour, d’adapter leurs politiques pour sauvegarder les éléments identifiés comme appartenant au patrimoine culturel immatériel, de mettre en place des organismes de protection, d’encourager des études dans le domaine et de jouer un rôle éducatif et de sensibilisation à la protection de ce patrimoine culturel immatériel. La Convention précise, en outre, que les États pourront à cette fin utiliser tous les moyens appropriés.
Autrement dit, comme bien souvent, le texte international donne le ton, l’impulsion, des indications, mais rien de vraiment contraignant au final. Il revient aux États de définir ce qui rentre dans la catégorie à protéger et quels sont les bons moyens pour la protéger et la mise en place des politiques en résultant. On peut donc, ici relativiser la portée de cette Convention internationale puisqu’elle dépend malheureusement du bon vouloir des États parties.
Il n’existe pas de contrainte pour les États de maintenir, sauvegarder les pratiques listées comme faisant partie du patrimoine culturel immatériel; il semblerait donc que l’on soit en présence d’une simple obligation de moyen.
Toutefois, si on prend en compte le domaine d’intervention de cette convention, il y a fort à parier que les États sont plus enthousiastes que réfractaires à sa mise en place et que cette protection est plus un gage de leur engagement international et de leur volonté aux yeux de tous de protéger la culture, sans prendre de grands risques et voir une grande intervention du droit international dans le droit national. C’est donc une bonne façon pour les États de montrer qu’ils peuvent appliquer les Conventions internationales.
La question de la tauromachie est tout à fait intéressante, puisque pour une fois elle a suscité des débats plutôt houleux et montre que parfois la culture et des pratiques historiques peuvent prendre une grande place dans le débat national.

En France, l'application de cette Convention à la tauromachie se perçoit à travers la reconnaissance de cette pratique comme élément du patrimoine culturel français, mais aussi plus indirectement, par le biais de l'interprétation de textes nationaux.

II / Une pratique culturelle implicitement reconnue : Entre interprétation juridique souple et reconnaissance politique inavouée.

L'inscription de la Corrida au patrimoine culturel immatériel de la France est l'occasion de recentrer cette pratique dans son actuel contexte juridique (A) et politique (B).
Il est évident que cette question doit être traitée sous un angle à la fois juridique et politique, les deux ne pouvant être, à notre sens, dissociés.

A/ Une interprétation extensive par les juges de l'article 521-1 du code pénal réprimant les mauvais traitements envers les animaux .

Rappelons que la loi, expression de la volonté générale, pose le principe de l'interdiction de mauvais traitements envers les animaux en ces termes :

«Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30000 euros d'amende...

...Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. »

L'article 521-1 du code pénal après son énoncé de principe prévoit plusieurs exceptions, dont celle des « courses de taureaux ».
Il s'agit d'une permission de la loi, on ne peut pas voir dans cette disposition une reconnaissance stricto sensus, pas plus qu'une consécration, c'est une tolérance que l'on accorde à cette pratique.
Cet article est ni plus, ni moins, le résultat d'une conciliation entre fervents défenseurs de la cause animale et aficionados.
Le principe reste et demeure l'interdiction des mauvais traitements envers les animaux, la course de taureaux en est l'exception, ainsi qu'il en ressort expressis verbis de l'article 521-1 du code pénal.

La course de taureau, dont l'absence de définition légale (ou à défaut jurisprudentielle) est à déplorer, échappe à la qualification de mauvais traitement, dès lors, qu'une tradition locale ininterrompue peut être démontrée dans la localité où se déroule la-dite course.

La pratique révèle cependant une interprétation extrêmement libérale des juges de l'exception prévue pour ces courses.
En témoignent les décisions des juges du fond et de la Cour de Cassation dont le contenu ne sera évoqué ici que sommairement.
Il ressort de l'étude globale de ces décisions, une interprétation de la tradition locale ininterrompue assez large, favorisant ainsi, le maintien de cette pratique culturelle.

S'agissant premièrement du critère de la « tradition locale », les juges doivent constater l'existence d'une tradition, et vérifier que cette dernière se manifeste localement.
La présence d''une tradition ne donne pas lieu à discussion, la Cour de Cassation en précise le sens en énonçant qu'elle doit être entendue comme une coutume, un usage local .

Traditionnellement, la coutume est celle qui peut se définir comme une « norme de droit objectif fondée sur une tradition populaire, qui prête à une pratique constante, un caractère juridiquement contraignant ; véritable règle de droit mais d'origine non étatique que la collectivité a fait sienne par habitude dans la conviction de son caractère obligatoire »

La Cour de Cassation précise la définition de la tradition locale dans un arrêt de la chambre criminelle du 6 février 1992 , il s'agit «d'une tradition qui existe dans un ensemble démographique déterminé par une culture commune, les mêmes habitudes, les mêmes aspirations et affinités, "une même façon de ressentir les choses et de s'enthousiasmer pour elles", le même système des représentations collectives, les mêmes mentalités ».

En revanche, le critère de la localité est celui qui illustre le mieux l'interprétation libérale des juges.
Pour vérifier l'existence de ce critère, les juges font appel à la notion d'« ensemble géographique ».
Alors même que le terme « local » fait référence à un endroit que l'on suppose suffisamment précis, une « zone géographique » désigne au contraire un espace beaucoup plus étendu.
C'est ainsi que la Cour de Cassation casse un arrêt de la cour d'appel au motif notamment qu' «en bornant leur recherche de l'existence ou l'inexistence d'une tradition locale ininterrompue au seul territoire d'une commune, alors que dans le texte précité l'expression « locale » a le sens « d'ensemble géographique.. » et décide que les juges du fond n'ont pas donné de base légale à leur décision .

S'agissant deuxièmement du critère de l'ininterruption de la tradition locale, il revêt un caractère extrêmement artificiel et il est réduit, en pratique, à une « peau de chagrin ».
Par exemple, les juges ont décidé que la destruction des arènes n'est pas suffisante pour justifier l'interruption de la tradition locale .

Ce très bref survol de la jurisprudence en matière de course de taureaux, est l'occasion de revenir sur l'aspect politique de la question, par le biais de son inscription au patrimoine culturel immatériel Français.

B/ L'inscription de la corrida au patrimoine culturel immatériel Français : Une initiative politique silencieuse mais active.

Au delà des aspects juridiques, la reconnaissance de cette pratique culturelle passe principalement par l'initiative politique.
L'inscription de la corrida au patrimoine culturel immatériel français constitue une initiative importante eu égard aux engagements qui découlent de la convention précédemment étudiée.
Néanmoins, cette intervention du politique est restée relativement discrète, par crainte sans doute, de déclencher l'hostilité de l'opinion publique semblable à celle qu'on pourrait observer après la mise en œuvre d'une mesure impopulaire.

L'inscription de la corrida au patrimoine culturel immatériel Français a suscité chez certains députés une totale incompréhension donnant lieu notamment à la rédaction de questions écrites destinées au Ministère de la culture et de la communication.
Par le biais de cette question , la députée concernée réagis à cette inscription en ces termes ; se disant par ailleurs « choquée » et « surprise » par une telle initiative.

La réponse du Ministère est pour le moins surprenante et en total décalage avec l'inscription effectuée.
Cette réponse laisse apparaître une minimisation excessive de l'initiative en question, le Ministère déclare que cette dernière « ne constitue en rien une forme de reconnaissance de la part de l'état, ni mise en valeur particulière ; en soi, elle ne constitue aucune forme de protection juridique et reste sans influence sur les législations ou réglementations éventuellement applicables aux activités recensées ».
Somme toute, cette inscription est réduit à très peu de chose, à tel point qu'à la lecture de cette réponse, on est tenté de s'interroger sur son utilité.
L'inscription au patrimoine culturel immatériel Français à pourtant pour objet au delà du simple constat, de valoriser une pratique, de la sauvegarder, de la fixer en tant qu'élément du patrimoine.
Quel intérêt sinon, d'inscrire une pratique culturelle dans le cadre d'une convention internationale pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, si c'est pour restreindre cette inscription à une seule constatation matérielle ?
Ainsi, pour conclure, il serait illusoire de voir dans cette inscription une véritable reconnaissance ou une consécration juridique, mais pour autant, elle se place dans le cadre d'un instrument de protection reconnu juridiquement, initié par le politique et favorisant par conséquent le maintien de cette pratique culturelle.

Julie PASSE.
Pauline SERRE.


1- Et plus spécifiquement des corridas
2- G. Cornu, vocabulaire juridique, p667, 2007, puf, 1024p
3- Cass. Crim, 27 mai 1972 n° 72-90875
4- G. Cornu, vocabulaire juridique, 7 ed PUF, p248
5- Cass. Crim, 6 février 1992 n° 89-84675
6- Cass. Crim 27 mai 1972 N°72-90875
7- CA. Toulouse, 3 avril 2000 n°1999-03392
8- Question écrite n° 110716 de Mme la Députée Claude Darciaux au Ministère de la culture et de la communication.

vendredi 16 décembre 2011

On fait dire à l’Aficion beaucoup de choses… & « Le coq ne chantera pas, que tu ne m’aies renié trois fois». Saint Jean 13,21-33.36-38.

par Corentin Carpentier

« Les gens ne veulent pas voir comment on tue un toro, ils veulent voir de l’art. » dixit Sebastien Castella…

« Les encastes qui « fonctionnent », qui chargent, les figuras continuent des les tuer : La Quinta, Victorino, Cuadri… Je crois que le marché est plus savant que les aficionados… » Dixit Alvaro Nunez…

« Et pourquoi faisons-nous tout ça ? Pour l’Afición, pour l’Afición, pour l’Afición ». dixit Simon Casas…

On fait dire, et on dit beaucoup de choses sur l’Aficion… Mais aujourd’hui, il est important à mon sens, de mettre les points sur les « i ».

Que pense Sebastien Castella des aficionados qui se lèvent après un grand tertio de varas conclu en musique ? Que pense-t-il des aficionados qui ovationnent un recibir parfait et demandent une oreille pour une grande mort engagée et dans les cornes ? Alors si Sébastien considère que son public est un public de touristes, qui vient seulement aux arènes pour voir un torero triompher et faire de « l’art » devant un toro à roulette, alors il ne parle en aucun cas de l’aficion, celle qui défend chaque jour la fiesta brava, le Toro et son intégrité.

Pour Alvaro Nunez, on touche là au sacro saint Toro, à son intégrité, et à « l’inintelligence » selon lui, des aficionados. Evénement majeur ! Les figuras continueraient de tuer des Victorino, Cuadri (j’enlève La Quinta tant ils n’ont quasi plus rien dans le comportement des Buendia d’antan) et autres encastes dites dures !! Heureux de l’entendre. Alvaro Nunez pourrait-il citer les endroits où il a vu ces corridas ? Car j’y réserverai mes prochains voyages !! Non mais, de qui se moque-t-on ? Le marché des Toros est composé aujourd’hui à 90% d’origine Domecq et autant dire que sur ces 90% tout ce qui a de la caste est soigneusement évité par les pseudos « matadors de toros » (voir l’exemple des Fuente Ymbro considéré désormais comme un élevage torista…).



Pour Simon Casas, on frise le fou rire ! L’Aficion, l’Aficion, l’Aficion… Comme si répéter cela trois fois (comme Pierre au moment de renier Jésus), lui permettait en quelque sorte de se persuader lui-même que l’Aficion est l’objet de son investissement.
Comme si répéter ce mot trois fois, permettait de faire oublier à quel point, dans chaque arènes qu’il gère, le niveau du Toro à considérablement baissé, pour finalement, faire de la Corrida, une mise en valeur du torero et du toreo, en réduisant le rôle du toro à celui d’un simple faire-valoir. Comme si répéter cela, par trois fois, pouvait selon lui, retourner l’Aficion de son côté. Cette même Aficion, qu’il trahit à chaque féria depuis quelques années que ce soit à Nîmes, ou Mont-de-Marsan en France, ou que ca soit à Valencia en Espagne, ou avant à Saragosse.

Beaucoup de « taurinos » parlent à la place de l’Aficion, que ce soit pour légitimer leurs choix et actions, ou que ce soit pour la critiquer quand elle demande au respect de l’intégrité de la Fiesta Brava.
Depuis des années les aficionados mettent en garde les « taurinos » sur l’affaiblissement de la Corrida de l’intérieur. Ils ont été durement critiqués pour cela et traités de « talibans ». Mais désormais, voilà qu’on agit pour l’Aficion, qu’on parle pour elle… Finalement, on s’en rend compte aujourd’hui, qui peut être le plus à même de sauver la fiesta brava ? L’Aficion, celle qui se rend aux arènes toute l’année, celle qui paye ses billets, et finalement celle qui, si elle ne vient plus aux arènes, entrainera la fin du train de vie actuel des « taurinos ». Reste à savoir si les choses vont réellement évoluer… Parce que parler à la place de l’Aficion, c’est bien plus facile que de la faire participer et intervenir dans les processus de décision…



« Le coq ne chantera pas, que tu ne m’aies renié trois fois».
Saint Jean 13,21-33.36-38.




Par Charles CREPIN

Dans un texte de Corentin Carpentier publié dans cette page, l'agacement est perceptible. Et ce qui agace Corentin, c'est la posture de certains "taurinos" qui prétendent parler ou agir au nom de l'aficion pour justifier leurs prises de positions déviantes, quand ils ne déclament pas, la main sur le coeur, combien leur engagement professionnel est inspiré par leur attachement sincère à l'Aficion... Pourtant, leur reniement des valeurs de la fiesta était consommé bien avant le premier chant du coq, quand bien-même ils connaissent ces valeurs, comme ce n'est sans doute pas cas de Sébastien. Sinon, il n'aurait pas raconté les bêtises dont on parle beaucoup depuis quelques jours...

Un récent article publié par Marc DELON sur son blog (1) m'incite à relire "Genèse de la Corrida moderne" (2). Cet ouvrage ne devrait jamais quitter votre table de chevet, tant il constitue un puissant rappel des valeurs fondamentales de la Fiesta et une réponse remarquablement actuelle aux dérives de la corrida moderne promotionnée jusqu'à l'outrance par des Sébastien CASTELLA, Alvaro NUÑEZ, et autres Simon CASAS, chacun piétinant à sa manière ces fondamentaux et reniant une aficion dont ils prétendent se revendiquer afin, en réalité, de faire prospérer leur petite entreprise.

Relisons Tio Pepe :
"le public est ravi ; les oreilles tombent. Oui, mais l'estocade... Quoi l'estocade ?... Un peu basse, non ?... Bah, on ne peut pas tout avoir... D'ailleurs, les oreilles !... Et mon coiffeur, qui est gourmand d'oreilles, est ravi. Parce que, s'il n'a pas son comptant d'oreilles, il s'estime volé. (...) Donnant , donnant. Des oreilles contre mon fric. Le toro, l'éducation taurine, j'en ai rien à foutre ! "
" Si, comme le prétend Simon CASAS (CANAL +) Le problème le plus important, en tauromachie, est celui de l'Esthétique, il est aisé de lui rappeler que point n'est besoin d'un toro commercial pour qu'un torero fasse éclore la beauté. (...) Si de nos jours Manzanares ou Mora (3) sont parfaitement capables de concevoir et de réaliser sous nos yeux un chef-d'oeuvre scuptural incontestable, ce prodige ne sera satisfaisant ni pour le coeur ni pour l'esprit. Toro soso et passes profilées = émotion absente. (...) N'en déplaise à Simon CASAS, le premier devoir du torero, est de s'appliquer à dominer le toro. Le reste, les belles séries de passes longues, viendra de surcroît. Et plus cette domination aura exigé d'efforts, plus intense sera l'émotion."
"Patience, les errements actuels ne sont pas éternels. Un jour viendra, peut-être pas si lointain, où, pour reprendre une expression chère à nos voisins, la rivière retrouvera son lit".

Sur cette dernière considération, Tio, je trouve que vous étiez optimiste...


(1) http://photosmotstoros.blogspot.com/2011/12/rien-declarer.html
(2) Génèse de la Corrida Moderne - Jean-pierre DARRACQ " el Tio Pepe - Éditions Cairn 2000
(3) Il s'agit bien entendu de MANZANARES père et de Juan MORA
PS : http://vingt-passes-pas-plus.over-blog.org/